Blogue de Lyne Robichaud

21 décembre 2008

Si Margaret Chan est la «rock star» de la lutte contre des virus, David Nabarro m'apparaît comme chorégraphe du «Lac des cygnes»


Fabrice Coffrini / AFP-Getty Images


L’année 2008 se termine en beauté, en confirmant au panthéon du pouvoir international un des membres les plus proéminents du milieu de la santé publique. Le magazine Newsweek a dressé sa liste de l’élite mondiale, dans laquelle la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, Margaret Chan, est classée à la 44ième position (d’une liste de 50).

Je me réjouis que la directrice de l’OMS se retrouve dans cette liste très sélective de Newsweek. Cela confirme à quel point les questions de pandémie et d’épidémie de SRAS sont importantes en tant qu’événements marquants de notre planète. Toute personne (représentant un ensemble de personnes chapeautées par une organisation) arrivant à triompher dans une féroce bataille contre ces virus mortels contagieux devient nécessairement un personnage légendaire.

Voici ce que Newsweek a indiqué à propos de Margaret Chan:
[Traduction] «Avec la propagation mondiale des maladies devenant plus que jamais menaçante, Chan représente la première ligne de défense de notre monde. La leader bien branchée de l’Organisation mondiale de la santé est reconnue pour son intérêt pour les problématiques concernant les femmes et la santé africaine, alors qu’elle a de l’expérience dans le domaine des maladies émergentes. Lorsqu’elle était directrice de la santé de Hong Kong, elle a composé avec la grippe aviaire et avec le SRAS, arrivant ultimement à stopper le SRAS par l’abattage de la population d’un million et demi de volailles de la ville. Un de ses admirateurs la surnomme la «James Brown» de la santé publique mondiale en raison de son éthique de travail. Dans ses cercles, elle est certainement l’équivalent d’une rock star.»

Les luttes que livrent Margaret Chan sont admirables, et nous pouvons tous la remercier d’avoir évité de justesse – probablement à de nombreuses occasions - une pandémie dévastatrice.

Si Margaret Chan se classe en 44ième position de Newsweek, je suis d’avis que David Nabarro, le coordonnateur senior pour l’influenza aviaire et humain aux Nations Unies, mériterait lui aussi classement et honneur semblables.

S’il n’a pas livré de combat mémorable contre de dangereux virus, David Nabarro est néanmoins celui qui prépare les nations à livrer un futur combat contre une pandémie.

Il a dirigé dernièrement les travaux du Quatrième rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire, réalisé par une équipe conjointe des Nations Unies et de la Banque mondiale.

Personnellement, je trouve que David Nabarro ressemble davantage à un gentleman qu’à une «rock star». Je ne sais pas s’il se met à chanter comme il a été rapporté que Margaret Chan le fait, lorsqu’elle sent que la tension monte lors des réunions! Il paraîtrait qu'elle aime aussi beaucoup le karaoké...

Lorsqu’il prend la parole en public, David Nabarro s’exprime lentement avec un charmant accent anglais, calmement, dans un langage souvent diplomatique. Mais néanmoins, il n’a pas peur de parler de ses préoccupations et de pointer les problématiques et les défis à relever.


David Nabarro. AFP/Getty Images. Photo source


Une des meilleures photographies de David Nabarro que j’ai vues a été prise par AFP/Getty Images: on y aperçoit le premier gestionnaire de pandémie en train de parler, le regard en biais, un peu inquiet. Nabarro est photographié directement sous un tableau de majestueux cygnes blancs. Le bleu cyan du logo des Nations Unies fait écho aux eaux turquoises du tableau. David Nabarro penche légèrement la tête, dans la même direction que les trois cygnes du tableau. Il arrive souvent que des cygnes soient infectés par l’influenza aviaire, et ce tableau m'apparaît en quelque sorte comme une métaphore du «Lac des cygnes». Toute la tragédie aviaire et humaine entourant les virus pandémiques pourrait être mise en scène, tel le ballet «Lac des cygnes» en quatre actes créé en 1877 pour le Bolchoï par Tchaïkovski, et connu pour sa fameuse danse solo de la mort du cygne. Cette photographie de ce personnage me plait beaucoup, et c’est celle que je conserve de lui dans mon esprit. Je l’imagine, tel un chorégraphe, préparant l’ensemble des nations à participer à une représentation magistrale d'un ballet.


Si vous vous en rappelez, le blogueur américain Scott McPherson a utilisé une métaphore semblable le 8 avril dernier, dans un billet intitulé «L’Orchestre symphonique de l’OMS joue-t-il l’Ouverture de la Phase Quatre?», où on entendait presque s’accorder les violons dans ce texte, comme cela se passe quelques minutes avant une représentation d'un des grands orchestres symphoniques ou opéras du monde.

La plupart du temps, David Nabarro n’a pas des nouvelles réjouissantes à annoncer et cela finit toujours plus ou moins par se résumer par «nous ne sommes pas suffisamment préparés», «il faut déployer davantage d’efforts», «préparez-vous à un grand choc économique», «il faut continuer à verser de l’argent pour maintenir les budgets de préparation à une pandémie.»

Ce sont des discours moins triomphants et enivrants que les victoires passées remportées par Margaret Chan contre des virus menaçants. Il est plus facile pour le public de visualiser la mise à mort de 1.5 millions de poulets, que de dépendre dans son esprit en quoi consistent exactement les préparatifs devant être concrétisés dans un futur rapproché pour nous permettre de traverser une pandémie.

Toutefois, comme David Nabarro l’a lui-même fait remarquer lors d’une conférence prononcée devant le Centre for Strategic and International Studies le 13 novembre dernier, le fait d’avoir réussi à convaincre un grand nombre de nations à se lancer dans des préparatifs pandémiques est en soi tout un exploit.
«Il n’existe pas actuellement de système de gouvernance mondial, alors c’est par la volonté commune qu’il y a engagement mutuel. Nous progressons. Et les préparatifs pandémiques mondiaux accomplis sont si admirables qu'ils valent la peine d’être cités en exemple, pour la gestion de défis semblables. Ce succès repose sur un leadership fort.»

David Nabarro semble donc penser que la recette de ce succès de coopération mondiale pourrait s’appliquer à d'autres problématiques internationales.

Il reste encore beaucoup de pain sur la planche avant d’arriver à dire que le monde est préparé à faire face à une pandémie. La septième Conférence ministérielle de gestion de pandémie est prévue en 2010. S’ils veulent avoir quelque chose à se raconter et sur quoi faire un bilan, les gestionnaires de planification de pandémie devront, en 2009, déployer des efforts pour mettre en œuvre des préparatifs multisectoriels sociaux, économiques et politiques. De quelle manière cela se concrétisera-t-il? Ah! That is the question!

Pour avoir réussi à faire passer de la théorie à la pratique le branle-bas de combat mondial en vue d’une pandémie, êtes-vous d’accord avec moi que David Nabarro mériterait d’être considéré comme faisant partie de l’élite mondiale?

13 décembre 2008

A propos de Flutrends, et aussi de Larry Brilliant


Larry Brilliant, directeur de Google.org. Photo source

Nicolas Cossette, un de mes amis m'a demandé sur Facebook: Tu dois déjà être au courant de l'initiative de Google Flutrends. Je suis curieux de savoir ce que tu en penses.

En effet, je suis au courant que Google a développé ce projet.

Justement, un de mes amis sur Facebook est Larry Brilliant. Il est des plus "brilliants", c'est le cas de le dire! Il est directeur du bras philanthropique de Google, et caresse depuis longtemps un projet de surveillance Internet de la grippe aviaire et d'un virus pandémique. Dans cette conférence, Larry Brilliant expose en détail son rêve de stopper les pandémies (durée de 26 minutes) >> cela vaut la peine d'être écouté.

Étant donné qu'il n'y a pas encore de gouvernance mondiale, et que de très sérieux problèmes de surveillance du H5N1 et du partage des souches du H5N1 sont observés actuellement à l'international (l'Indonésie étant un des pays les plus récalcitrants à partager ses virus - avec interruption complète de collaboration depuis plus de 2 ans - et malheureusement l'endroit sur la planète où ont eu lieu le plus grand nombre de cas humains de grippe aviaire), le projet mis de l'avant par Google s'avère une des planches de salut de l'Humanité.

Ce projet débute avec une observation de la grippe saisonnière aux États-Unis. Mais je suis persuadée que nous le verrons étendu au H5N1 à travers le monde, et à d'autres maladies émergentes d'ici quelques années. Les États membres de l'ONU ont convenu en Égypte en octobre dernier qu'un des trois défis de l'avenir est d'étendre les préparatifs globaux de pandémie à l'ensemble des maladies émergentes.

Google caresse par ailleurs le souhait de développer son projet en toutes les langues. Gros défi.

Ce travail entrepris par Google est vraiment nécessaire. Normalement, ce serait le mandat de l'Organisation mondiale de la santé, mais l'agence onusienne ne parvient pas à surveiller correctement les maladies. Vu l'état des relations internationales, il y aura toujours des nations pour nier des foyers d'éclosion de maladie (cela est justement arrivé en 2003 avec l'émergence du SRAS et le déni de la Chine - et nous avons eu de nombreux cas mortels en Ontario).

Ce projet permet de retirer l'élément politique de la surveillance des épidémies. Par ailleurs, les résultats obtenus jusqu'à présent sont concluants, et devancent les travaux du CDC. Ils suivent les courbes d'activité du virus.

De plus en plus, Internet - que ce soit Google, ou les chercheurs de nouvelles (dits "newshounds") opérant sur des forums et médias sociaux, connus sous l'appellation de la "sphère du Flublogia" (dont fait partie Zonegrippeaviaire.com) - s'imposent comme des solutions viables au pire cauchemar de l'Humanité: les pandémies.

Car une pandémie est considérée comme la menace Numéro 1 à la nation (du moins par l'Union européenne - nos décideurs locaux sont trop étourdis pour penser à statuer sur ces choses-là.). Une pandémie sera comme si un tsunami frappait simultanément CHAQUE ville du monde. L'effet sera terriblement dévastateur.

On pourrait comparer la situation actuelle de la surveillance des virus à celle qu'a connue le milieu de la météo, avant l'avènement des satellites. De nos jours, il est possible de prédire l'arrivée des ouragans, et de donner ainsi le temps à la population de se préparer en conséquence. Les quelques heures avant la tempête, que la technologie nous fournissent, permettent l'évacuation de milliers de personnes. Cela contribue à réduire les pertes humaines.

C'est un peu une situation semblable avec les pandémies. Nous savons qu'elles sont inévitables. Nous ne pouvons rien faire pour les empêcher. Aucun médicament, aucun vaccin. Aucun humain n'a développé d'immunité au nouveau virus pandémique. Nous sommes donc très vulnérables. Nous n'avons même pas un système de surveillance mondial fiable. Il nous est impossible de prédire quand surviendra une pandémie, et je dirais même que dans la situation actuelle, nous serons prévenus APRÈS que la pandémie ne soit déclenchée. Les 10 à 14 jours qui se dérouleront entre la première flamme du virus pandémique et le moment qu'il se retrouvera devant notre porte, je ne suis pas certaine que nous pourrons en bénéficier, avec le système actuel. Par exemple, 300,000 personnes sont présentement surveillées en Inde. Une pandémie serait déjà commencée que nous n'aurions aucun moyen de le deviner.

Les 10 à 14 jours de répit avant le déploiement mondial d'un virus mortel sont cruciaux, car la majorité des gens ne sont pas préparés à affronter une pandémie. Dès les premiers jours d'une pandémie, il y aura des pénuries de nourriture et d'autres biens de consommation: notre système d'approvisionnement juste-à-temps sera lourdement perturbé. Les gens n'ont pas stocké des vivres en conséquences. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi nos autorités n'ordonnent pas aux citoyens de se préparer. Sans doute nos leaders actuels ne croient pas qu'une pandémie aura lieu. Ou alors, ils sont de très mauvais gestionnaires et se soucient peu du sort de leurs citoyens. Les experts prévoient qu'il y aura autant de victimes de famine, que de victimes emportées par le virus lui-même (et cela, même dans les pays développés tels que le Canada et les États-Unis).

La portée d'une pandémie a été qualifiée "d'inimaginable" par le Dr Robert Webster, un des éminents scientifiques ayant découvert ce virus.

Alors, dans ce cas, des initiatives telles que celle de Google me semblent comme une petite lumière au bout du tunnel...

P.S. Larry Brilliant est non seulement brilliant, mais aussi courageux. D'une force et d'une vision peu communes.

11 décembre 2008

Le gouvernement du Québec va continuer d'afficher une façade parfaite


Les plans canadiens et québécois ne disent pas grand chose au sujet de l'interruption des services d'eau, d'électricité, et d'Internet.

Ce sera certainement "business as usual" par ici, parce que c'est ce que les autorités souhaitent.

À ma connaissance, il n'y a eu aucun comité pour se pencher sur ces problématiques.

Pendant la campagne électorale, le mot "déficit" est devenu tabou.

Le mot "pandémie" est évité d'être prononcé, et cela se maintiendra probablement.

Quand je téléphone au gouvernement du Québec, d'un ministère, d'une agence, d'un individu à l'autre, c'est toujours le même message que j'obtiens: le Québec est prêt pour une pandémie, "Nous avons un plan national".

La réflexion sur le conséquences d'un système juste-à-temps: il n'y en a eu aucune à ma connaissance pour le moment. Si il a eu quelque chose, cela est demeuré secret et n'a pas été annoncé à la population.

Mes dernières démarches, entreprises en octobre dernier, pour demander aux autorités ce qu'elles pensent des nouvelles directives onusiennes concernant des préparatifs multisectoriels sociaux, économiques et politiques, ont obtenu la réponse suivante: "Le Québec a déjà fait tout cela il y a plus d'un an". On est donc en avance sur l'ONU au Québec. Super!

Maintenant que Jean Charest a été réélu le 8 décembre dernier, son acolyte John Parisella (conseiller en communications) va pouvoir faire renouveler son contrat de "conseils stratégiques de pandémie" de 725,000$ par année. Je ne serais même pas étonnée que ses honoraires soient révisés à la hausse. Cela fait 3 ans qu'il agit à titre de conseiller. Il cumule à la fois des tâches de gouvernance et les tâches de conseils partisans pour le compte du Parti Libéral du Québec. C'est John Parisella et sa firme qui ont concocté le slogan électoral "L'économie d'abord" du Parti Libéral du Québec. Son contrat des 3 dernières années comprenait un projet de "portail veille pandémie" accessible à uniquement 20 fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux. Aucun citoyen n'a jamais vu la couleur de ce projet.

Sinon, les réponses officielles sont: "Nous avons un site Internet officiel (Pandémie Québec)." Et il est clair que les autorités ne souhaitent pas collaborer avec la société civile au processus de préparation à une pandémie, puisqu'en mai dernier, Services Québec a refusé une collaboration avec la sphère du Flublogia et le site Zonegrippeaviaire, en déclarant que ce secteur ne serait jamais reconnu "parce que nous ne voulons pas avoir à reconnaître les médias sociaux". Qui ne sont d'ailleurs pas reconnus par le gouvernement. Les partis politiques du Québec n'ont déployé aucun effort lors de la campagne électorale pour introduire des éléments de web 2.0 dans leurs sites Internet. Il n'a pas été une seule fois question de développement Internet pendant les débats électoraux. Les pressions du milieu du marketing et des communications pour obtenir une "gouvernance numérique" n'ont pas encore porté fruit.

Dans le présent contexte, j'envisage que le Québec ne suivra pas les nouvelles directives onusiennes. Ou s'il prétend le faire, ce sera John Parisella et sa firme BCP qui récolteront "le financement approprié" pour rédiger de nouveaux plans. Cela m'étonnerait beaucoup que les choses aillent en profondeur au-delà de ces plans. La firme BCP n'est pas spécialisée dans les tests de stratégies: ce sont des spécialistes en communication marketing et en publicité. Les efforts se concentreront pour maintenir le pouvoir du tandem Charest / Parisella, et non pas pour se soucier de mettre en place des mesures d'urgence qui tiendront réellement la route lors d'une pandémie.

Le gouvernement du Québec va continuer d'afficher une façade parfaite, et continuer de prétendre qu'il est prêt, même si ce n'est pas politically correct (les États-Unis ne tiennent pas ce discours en déclarant que personne n'est prêt pour une pandémie). La population est maintenue dans l'ignorance de la réelle menace de pandémie, et je doute fort qu'autre chose que le statu quo soit observé sur le territoire québécois et canadien d'ici au déclenchement d'une pandémie.

09 décembre 2008

Le Dr Niman est préoccupé par la situation du H5N1 en Indonésie

Le Dr Henry Niman poursuit son analyse de la situation indonésienne. Un de ces jours, cela va faire "BOUM". Êtes-vous prêts?

Un cas de H5N1 à l'est de Jakarta soulève des préoccupations de pandémie
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire
"H5N1 Case in East Jakarta Raises Pandemic Concerns"
9 décembre 2008 à 17:57 | Par Dr Henry Niman | Recombinomics

Le second cas, une fillette âgée de 2 ans de l'est de Jakarta, a développé des symptômes le 18 novembre, a été hospitalisée le 26 novembre, et est morte le 29 novembre. Les tests en laboratoire ont confirmé une infection au virus H5N1 de l'influenza aviaire. Les enquêtes initiales concernant la source de son infection suggèrent une exposition à des oiseaux vivants dans un marché.

Les commentaires ci-dessus provenant du plus récent bulletin de situation de l'OMS décrivent un second cas de H5N1 récemment confirmé en Indonésie. Le cas ci-dessus est survenu à l'est de Jakarta, où il y a eu plusieurs cas confirmés auparavant. C'est également vrai pour le cas ayant eu lieu à Riau. Toutefois, de récents rapports ont indiqué que 50% de la volaille vendue dans les marchés à Jakarta, Banten, et Java Ouest sont positifs au H5N1, soulevant des préoccupations qu'il y ait des cas humains répandus dans cette région. Les deux plus récents cas ont été rapportés peu de temps après confirmation. Toutefois, les cas antécédents n'ont été rapportés que des semaines, voire des mois après leur confirmation, soulevant de sérieuses préoccupations.

En plus du black-out de nouvelles à propos des cas confirmés, d'autres cas confirmés en laboratoire et groupes de cas ont été niés, et dans d'autres cas, des cas index de H5N1 de groupes de cas confirmés ont été déclarés être attribuables à de l'inflammation des poumons, fièvre dengue, et typhus.

Les préoccupations entourant ces cas sont alimentées par la retenue des échantillons empêchant l'analyse par une troisième partie, et un manque de données séquentielles. Les dernières séquences humaines de H5N1 remontent à des patients qui sont morts il y a presque deux ans (soit en janvier 2007).

Dernièrement, un grand groupe de cas confirmé par PCR a été rapporté à Makassar, et a été déclaré être confirmé par laboratoire, ce qui a été nié par le ministère de la Santé. Ce déni a été suivi par le déploiement d'une équipe de l'OMS dans la région, afin de surveiller le H5N1 chez la volaille. La situation du H5N1 chez la volaille est également demeurée nébuleuse, étant donné que l'Indonésie n'a pas déposé de rapport à l'OIE depuis 2006, et que ce pays a mis fin à l'envoi des échantillons de volailles au laboratoire régional de l'OMS en Australie.

Ces dénis de cas confirmés en laboratoire et la retenue des échantillons et séquences ont soulevé de sérieuses préoccupations de pandémie.

Des reportages opportuns de cas confirmés et davantage d'interactions avec des parties tierces, incluant la publication des échantillons et des séquences, seraient utiles.

Source: www.recombinomics.com

Maintenir les communications à l'échelle du voisinage


Photo source


Voici les commentaires que j'ai publiés sur le blogue de Michel S.f. Vermeulen, à la suite de son billet intitulé "Des problèmes de télécommunications en temps de pandémie".

Des choses toutes simples, comme garder une liste imprimée sur du papier des numéros de téléphone (cellulaire) des membres de la parenté et des amis, devraient être répétées à de nombreuses reprises à la population.

De nombreux plans de lutte à une pandémie s'appuient encore sur l'hypothèse que ce sera "Business as usual".

Une fois qu'il est compris par les planificateurs et décideurs que cela ne pourrait pas être le cas, alors il devient possible de considérer l'hypothèse que les télécommunications et autres secteurs essentiels de la société puissent être gravement touchés.

Ensuite vient l'étape de reconsidérer les communications, et comment arriver à communiquer en absence d'électricité, d'Internet, etc. Encore faut-il que les États souhaitent communiquer avec la population. Il reste à voir si le "dialogue véritable" recommandé par l'OMS sera mis en oeuvre par les divers États. Naomi Klein avertit dans "The Shock Doctrine" que des populations pourraient être exploitées lors de crises majeures. Un manque d'information de communication peut conduire à une forme d'exploitation.

Les réflexions du blogueur Michael Coston, qui nous a souvent parlé de "communications dans le voisinage" sont à mon avis les plus avancées à ce sujet. C'est pourquoi l'empowerment des individus, l'organisation des communautés de voisinage s'avèreront vitales en temps de pandémie.

Je ne crois pas qu'il sera possible de savoir ce qui se passe un peu partout dans le monde. Nous serons dans le noir quant à l'évolution globale du virus pandémique. Nous n'avons aucune idée du réel nombre de victimes emportées par la grippe espagnole (pandémie de 1918). Pour la prochaine pandémie, ce sera un peu pareil. De nombreux États ne révéleront pas les vrais statistiques. Ils pourraient ne compter que le nombre de cas d'infection, et ne pas inclure les décès générés par la famine et autres conséquences d'une pandémie.

Travailler à trouver des solutions viables pour maintenir les communications à l'échelle d'un voisinage ou d'un quartier me semble réaliste.

Cas [humains] de H5N1 confirmés à Riau, en Indonésie

Dans ce billet, le Dr Henry Niman rapporte que 2 cas humains de grippe aviaire ont été confirmés par le ministère de la Santé de l'Indonésie. Une nette amélioration dans le reportage de l'Indonésie, qui contraste avec les derniers mois. Niman indique que 50% de la volaille vendue à Java pourrait être infectée par H5N1. Autres cas à l'horizon, dans ces circonstances...

Cas de H5N1 confirmés à Riau, en Indonésie
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire
"H5N1 Case in Riau Indonesia Confirmed"
9 décembre 2008 à 15:31 | Par Dr Henry Niman | Recombinomics

Le ministère de la Santé de l'Indonésie a annoncé deux nouveaux cas confirmés d'infection humaine par le virus H5N1 de l'influenza aviaire. Une fillette de 9 ans de la province de Riau a développé des symptômes le 7 novembre et a été hospitalisée le 12 novembre. Elle a récupéré et a reçu son congé de l'hôpital le 27 novembre. Des tests en laboratoire ont confirmé la présence du virus H5N1 d'influenza aviaire. Des enquêtes à propos de la source de son infection ont révélé des décès de volailles à sa résidence le 2 novembre.

Il n'est pas immédiatement évident de comprendre pourquoi le tableau cumulatif de l'OMS n'inclut pas une adolescente indonésienne âgée de 15 ans de Java centre, dont le médecin a déclaré qu'elle était morte au début de novembre. La présence du virus a été confirmée par un laboratoire du ministère de la Santé, d'après Agus Surianto, à la tête de l'équipe médicale ayant traité cette patiente.

Les commentaires ci-dessus confirment un cas de H5N1 dans la province de Riau et questionnent la raison pour laquelle une infection fatale d'une fille de 15 ans en Java central n'a pas été rapportée. Le bulletin de situation de l'OMS a également décrit la confirmation d'une fillette de 2 ans fatalement infectée de l'est de Jakarta.

Le fille de 9 ans a été décrite par les médias locaux, mais ce n'est pas le cas pour la fille de 2 ans. Toutefois, il y a eu un grand nombre de récents cas et groupes de cas suspectés rapportés par la presse locale, soulevant des préoccupations concernant un sous-dénombrement, tel qu'indiqué dans ce commentaire de Reuters à propos de la fille de 15 ans confirmée en laboratoire.

Le reportage des deux récents cas est une amélioration marquée par rapport aux cas survenus plus tôt cette année, dont l'annonce a été retardée pendant des semaines ou des mois. Toutefois, le flot régulier de cas ou de groupes de cas en Indonesie, et des reportages que 50% de la volaille vendue dans Java aient pu être positive au H5N1, créent des causes de préoccupations.

Source: www.recombinomics.com

07 décembre 2008

David Nabarro rejoint Zonegrippeaviaire sur Facebook


David Nabarro. Photo source


Vous pourrez sans doute imaginer que j'avais le coeur léger aujourd'hui, lorsque j'ai vu passer dans ma page d'accueil de Facebook que le coordonnateur influenza de l'ONU, le Dr David Nabarro, avait rejoint le groupe «Zonegrippeaviaire en faveur de davantage de préparatifs en vue d'une pandémie».

Merci, M. Nabarro, d'avoir posé ce geste de soutien!

J'ai hâte de voir la suite du plan d'action de David Nabarro concernant le développement des préparatifs multisectoriels (sociaux, économiques et politiques). Je ne sais pas ce qu'il a dans sa manche pour 2009, mais j'ai hâte de savoir!

En tout cas, si M. Nabarro souhaite voir se développer des préparatifs SOCIAUX à travers le monde, je ne sais pas trop comment il va s'y prendre avec la francophonie. Il se pourrait que le Web 2.0 et les médias sociaux fassent partie de sa vision de développement, et qu’il entrevoit ces outils comme des tremplins de diffusion de l’information et d’empowerment des citoyens. Je l’espère, du moins. Son geste d’aujourd’hui pourrait constituer un indice.

Présentement, Zonegrippeaviaire est pris dans un pays figé dans la glace, tellement les décideurs sont inertes. On n'a même plus de Parlement canadien! Il a été suspendu par la gouverneure générale Michaëlle Jean la semaine dernière, à la demande du premier ministre Stephen Harper. Tous les députés ont été renvoyés chez eux - payés à ne rien faire - pendant 6 semaines, parce que notre premier ministre s’est empêtré dans sa gestion de la crise économique. Il était question que le gouvernement soit renversé le 8 décembre prochain, et en demandant prorogation, il s'est «sauvé» en quelque sorte de faire tomber le gouvernement fédéral. Une coalition formée par trois partis d'opposition s'est constituée la semaine dernière, et est prête à faire sauter l’administration Harper à la première occasion.

Cette semaine devrait être pleine de rebondissements encore pour nous, Canadiens.

De plus, demain 8 décembre, des élections générales se dérouleront au Québec. Il est probable que le même chef (Jean Charest), qui a réussi à faire campagne pendant 33 jours en ne disant rien (ben oui!), sera réélu. C'est celui-là même qui travaille de très près avec le conseiller en communications John Parisella, président de la firme BCP, celui qui reçoit jusqu’à 725,000$ par année depuis trois ans pour prodiguer des «conseils stratégiques» en matière de pandémie. C'est aussi le même conseiller en communication qui a concocté les slogans du Parti Libéral pour la campagne électorale. Bref, ce même individu Parisella cumule à la fois des tâches de conseil de gouvernance de la nation, en plus de tâches de conseil partisan pour le compte du Parti Libéral du Québec. Et la problématique de pandémie n'est probablement qu'un dossier parmi des centaines. Si le tandem Jean Charest / John Parisella est réélu demain, je dis adieu à mes espoirs de voir avancer le dossier pandémie au Québec. Car il est probable que l’appât du gain conduira au renouvellement du contrat de service de conseils de John Parisella pour la gestion de pandémie. Deux millions de dollars en trois ans, ce serait en effet bien dommage de mettre fin à ces revenus.

Oublions cela également, l’idée de demander présentement de l'appui au gouvernement du Canada, car nous sommes plongés dans la pire crise politique depuis 1995, d’après ce qu’ont indiqué ce week-end des experts analyses des politiques. Depuis que le Bloc Québécois s'est entendu pour former une coalition avec deux autres partis politiques pour renverser le gouvernement fédéral, les députés québécois sont perçus comme des brebis galeuses, des députés de seconde classe par rapport à ceux du reste du Canada (au fédéral).

Donc, je ne sais pas trop comment David Nabarro va tirer ses épingles du jeu, s'il souhaite qu'aient lieu davantage de préparatifs sociaux dans le milieu de la francophonie. Zonegrippeaviaire pourrait devenir un joueur important dans une stratégie globale de développement des préparatifs multisectoriels (sociaux).

Il faudrait arriver à passer par-dessus ce contexte d’instabilité et d’inertie politique. Pour avoir plus d'impact, pour rejoindre un plus grand bassin, il faudrait du «financement approprié», des moyens pour déployer la mission de Zonegrippeaviaire, comme le recommande le 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire. Ce «financement approprié», dans la présente situation politique canadienne et québécoise, pourrait fort bien n'arriver que lorsque les poules auront des dents.

Alors, d'ou viendra-t-il???????

Je n'ai pas hâte à demain soir. Je vais écouter les résultats du scrutin québécois en essayant de me blinder du mieux que je le pourrai. J'espère que je ne pleurerai pas de déception amère. La boîte de papiers mouchoirs ne sera pas bien loin. Il est prévu un résultat de scrutin semblable à celui de 2003, soit 46% des votes (76 sièges pour le Parti Libéral du Québec, et 33% des votes (45 sièges) pour le Parti Québecois.


Si vous avez déjà écouté le film «Star Wars» il y a 20 ans, vous vous rappelerez sans doute d'une scène où le robot R2D2 projette un message au jedi Obi-wan Kenobi. Je trouve que mes propos commencent à ressembler à ceux de la Princesse Leia Organa: «David Nabarro, vous êtes notre seul espoir».

Effet boule de neige de H5N1 en Inde?

Photo source

Le H5N1 pourrait faire boule de neige en Inde. Le virus s'est déjà propagé à plusieurs districts de l'État d'Assam.


Le Dr Henry Niman compare la situation de cette année avec celle de l'an dernier.

Voici ma traduction de son billet à ce propos.

Les retards d'abattage du H5N1 augmentent les préoccupations de pandémie en Inde
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire
"H5N1 Culling Delays Increase Pandemic Concerns in India"
7 décembre 2008 à 20:05 | Par Dr Henry Niman | Recombinomics

La redoutable grippe aviaire ou influenza aviaire, qui a été confirmée dans un village de Hajo du district de Kamrup le 27 novembre, s'est depuis propagée à un certain nombre de nouveaux emplacements dans plusieurs districts. Cela est une grave préoccupation, alors que les efforts de contenir initialement la maladie, n'ont pas été couronnés de succès.

Premièrement, les autorités ont pris du retard dans la confirmation du virus de la grippe aviaire lorsqu'est survenu un décès anormal d'oiseaux en grand nombre - ayant été rapporté depuis le 21 novembre dernier.

Par la suite, des allégations ont également été effectuées à propos de la manière non scientifique dont ont été disposés les oiseaux morts.


Les commentaires ci-dessus proviennent d'une récente tribune éditoriale d'Assam. Le nombre de districts confirmés a grimpé à six (voir la carte satellite), et des reportages de médias indiquent que les confirmations quotidiennes correspondent à des échantillons recueillis il y a dix jours, soulevant les préoccupations que la propagation a lieu bien au-delà des emplacements confirmés.

La séquence d'événements est semblable à ceux étant survenus au Bengale occidental il y a un an de cela. Les tests ont été limités et retardés, résultant en un lancement de l'abattage longtemps après que les oiseaux aient commencé à mourir. Éventuellement, l'abattage a été initié dans des régions avec des décès excessifs de volailles, suivis par l'abattage dans des régions frontalières avec le Bengale occidental. Toutefois, la propagation était considérable à la fois au Bengale occidental et dans le pays adjacent, le Bangladesh, résultant en les plus grands foyers d'infection rapportés à ce jour.

Toutefois, ces retards d'abattage peuvent faire en sorte que la propagation fasse boule de neige, par des infections additionnelles de villageois de même que d'oiseaux sauvages résidents et de mammifères qui mangeront ces oiseaux.
Il y a un an, au Bengale occidental, des villageois avaient soit consommé les oiseaux morts, ou en avaient disposé de manière inappropriée, créant des occations pour davantage de propagation du H5N1. Par allieurs, des compensations en-dessous de la valeur marchande ont conduit à la dissimulation des oiseaux ou à leur transport à d'autres secteurs. Quoique les frontières du Bengale occidental aient été fermées, le H5N1 s'est propagé rapidement.

Dans Assam, la propagation s'est avérée elle aussi très rapide, même si les foyers d'infection ont débuté il y a un mois, lorsque la température était plus clémente. Cette propagation rapide pourrait avoir créé des décès excesssifs d'oiseaux dans d'autres régions. L'Inde blâme déjà le Bangladesh de cette propagation, et d'autres États de l'Inde ont émis des
alertes, même s'il ne sont pas adjacents aux emplacements avec des foyers d'infection confirmés.

Ainsi, la présente extension de la propagation demeure nébuleuse, mais la pénurie de groupes d'abatteurs et les retards dans les opérations d'abattage demeurent des causes de préoccupations.
En plus de la propagation, les délais dans le contrôle de la propagation augmentent le nombre de mammifères infectés par le H5N1, ce qui augmente la probabilité pour la sélection de changements génétiques qui augmenteront l'efficacité de la transmission aux humains.

La saison dernière, un cas humain de H5N1 a été confirmé au Bangladesh, mais plusieurs cas additionnels non rapportés sont probablement survenus.

Les foyers d'infection répétés, contrôlés de façon médiocre, dans cette région, continuent d'augmenter la probabilité [de déclenchement] d'une pandémie catastrophique.

Source:
www.recombinomics.com

Le H5N1 pourrait se propager à d'autres états en Inde

La propagation du H5N1 à d'autres États en Inde n'est pas une surprise (comme a l'habitude de le dire le Dr Henry Niman). Le virus de la grippe aviaire s'est répandu à cinq districts de l'État d'Assam ces derniers jours, et voilà que deux autres États émettent une alerte de grippe aviaire. Cette analyse du Dr Henry Niman explique en quoi la situation diffère cette année de celle ayant eu lieu en janvier / février 2008 en Inde. Il pense que le fait que nous observions des foyers d'infection plus précoses en Inde pourrait influencer sur l'ampleur du ravage à venir et des foyers d'infection de ce virus dans cette région.

Voici ma traduction de ce billet du Dr Niman.

L'Inde émet des alertes de H5N1 au Tripura et au Mizoram
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire
"India H5N1 Alerts in Tripura and Mizoram"
7 décembre 2008 à 15:20 | Par Dr Henry Niman | Recombinomics

Les États du nord-est du pays, de Tripura et Mizoram, ont émis dimanche une alerte de grippe aviaire après qu'ait eu lieu une propagation du virus dans l'État avoisinant d'Assam, ont déclaré des fonctionnaires.

Plus de 100,000 volailles ont été abattues à Assam au cours des 10 derniers jours, après l'avènement d'un foyer d'infection dans cet État.

Plus de 80 équipes d'intervention rapides (RRT) sont prêtes à agir en cas de foyer d'infection de grippe aviaire au Tripura", a indiqué Sisir Paul, député directeur du Département des ressources animales de l'État.


Les commentaires ci-dessus décrivent les alertes de H5N1 émises par deux États de l'est de l'Inde, qui sont considérablement situés plus au sud des foyers d'infection se déroulant à Assam (voir la mise à jour de la carte satellite). Le H5N1 de Assam devrait traverser Meghalaya et l'est du Bangladesh avant d'atteindre les deux états qui ont émis les alertes. Par conséquent, ces alertes pourraient refléter des déclarations antécédentes citant les oiseaux migrateurs comme étant la source des foyers d'infection d'Assam, étant donné que les oiseaux vont continuer à migrer au sud du delta de Ganga, au sud du Bengale occidental et au Bangladesh.

La saison dernière, à la fois le Bengale occidental et le Bangladesh ont rapporté des niveaux records de H5N1. Initialement, le Bengale occidental avait limité l'abattage à des régions où le H5N1 a été confirmé, mais des retards dans le reportage des cas a conduit à de l'abattage dans des régions avec des décès excessifs de volailles, ou dans des régions frontalières du Bengale occidental. Ainsi, quoiqu'il y ait eu des décès excessifs de volailles à Assam et Meghaalya la saison dernière, aucun cas confirmé n'a été rapporté.

Toutefois, au printemps, il y a eu des cas
confirmés à Tripura dans les régions frontalières avec le Bangladesh. Quoique le H5N1 ait été initialement nié, les décès de chiens et de chacals après la consommation d'oiseaux infectés ont signalé le déplacement du H5N1 au Tripura. Ce H5N1 a été confirmé par la suite.

Cette saison, le H5N1 a été confirmé au nord-ouest du Bangladesh, mais ces confirmations répétées pourraient signaler une distribution non rapportée beaucoup plus étendue du H5N1 chez les oiseaux sauvages de même que chez la volaille.

Les présents rapports déposés à l'OIE par Assam et le Bangladesh surviennent considérablement plus tôt que ceux survenus en janvier / février la saison dernière, ce qui pourrait signaler également un plus grand foyer d'infection cette saison, étant donné que le H5N1 est plus stable à des températures moins élevées et qu'il se propage plus facilement.

Certaine des séquences provenant d'isolats de volailles du foyer d'infection de la saison dernière au Bengale occidental ont été déposées à Genbank et sont protégées par mot de passe. Des reportages de médias de la saison dernière ont indiqué que le H5N1 au Bengale occidental et au Bangladesh étaient de la souche de Qinghai et étroitement liées entre elles.

La publication [ses séquences] du H5N1 de la saison dernière, de même que celles des récents foyers d'infection survenus à Assam et au Bangladesh, serait utile.

Source:
www.recombinomics.com

04 décembre 2008

Pandémie - Loin du Web 2.0... et pourtant si près

Claude Malaison. Photo source.

Un billet signé par Claude Malaison, intitulé #Mumbai - Loin du Web 2.0 et pourtant si près... (Suite et fin), a attiré mon attention aujourd'hui, et voici les commentaires que j'ai publiés dans le blogue de Claude:

Roy Wadia, un de mes amis qui habite à Mumbai, a indiqué le 2 décembre dernier dans Facebook: “I’m noticing all the blogs and Facebook groups sprouting up that are devoted to doing “something” about the situation in Bombay. Web 2.0 is alive and well.” Le 28 novembre, il a écrit: “I’m marvelling at how Web 2.0+ has overtaken “traditional media” in instant reportage. Indeed, Web 2.0 is now firmly part of “traditional media” itself.”

Je souligne cette phrase de votre billet, qui a attiré mon attention: «Faire la preuve que les médias sociaux ont leur place dans des situations d’urgence». C’est exactement ce que je m’évertue à faire à longueur de journée, et ce, depuis des mois, avec le projet Zonegrippeaviaire.com.

Si seulement nos autorités gouvernementales allumaient à ce sujet, et comprenaient la nécessité d’intégrer les médias sociaux dans le processus de préparatifs de mesures d’urgence!

Les actes terroristes font partie des menaces à la nation. Mais saviez-vous qu’une pandémie d’influenza est considérée comme la menace NUMÉRO 1, supplantant toutes les autres menaces, y compris les actes de terrorismes, inondations, etc.? C’est ce que les pays de l’Union européenne ont reconnu il y a quelques mois. Les experts estiment qu’une pandémie sera un tsunami frappant simultanément TOUTES les villes du monde. Les conséquences d’une telle situation d’urgence mondiale sont «inimaginables», a déclaré le Dr Robert Webster, le plus imminent chercheur en influenza, et un des premiers à avoir identifié le virus H5N1.

Non seulement les médias sociaux s’avèrent un formidables pour diffuser l’information lors de situations d’urgence, comme cela a été démontré lors de l’incident de Mumbai, mais ils peuvent également faire la différence en mode prévention.

Le 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire, publié à la mi-octobre dernier par l’ONU et la Banque mondiale avertit: «Des études ont confirmé que la traduction de la prise de conscience et de la connaissance sous la forme d’une modification efficace du comportement reste un défi.» (Synopsis en français, paragraphe 18 - http://un-influenza.org/files/080930-Synopsis2008FR.pdf). Rien n’indique que les messages qui seront véhiculés par les autorités en temps de situation d’urgence majeure (telle une pandémie) seront entendus et que les gens se plieront aux demandes et aux directives officielles.

C’est pourquoi je souhaite que les médias sociaux soient considérés comme des partenaires dans l’élaboration de nos plans de lutte à une pandémie et mise en oeuvre des mesures d’urgence. Le 4e Rapport de l’ONU / Banque mondiale recommande également: «Il est essentiel que les efforts de préparation nationale à une pandémie soient entrepris conjointement par toutes les parties prenantes – dont les ORGANISATIONS DU SECTEUR DES MÉDIAS.» (Synopsis, paragraphe 26) Notez l’expression utilisée dans ce rapport: «organisations du secteur des médias». À mon avis, cela ne concerne pas uniquement les médias traditionnaux, et ouvre la porte aux médias sociaux. Si seulement les autorités canadiennes et québécoises pouvaient faire cette même lecture de ces recommandations onusiennes… et dans les meilleurs délais!

Je suis emballée par votre enthousiasme découlant du phénomène social qui s’est produit suite à l’incident terroriste à Mumbai. Puisque vous avez réalisé la portée des médias sociaux dans cette situation d’urgence, je vous invite à méditer sur l’impact BÉNÉFIQUE considérable que les médias sociaux auront AVANT et LORS d’une pandémie, et aussi aux démarches collectives qui devraient être entreprises pour pousser nos autorités à reconnaître le rôle des médias sociaux dans la planification des situations d’urgence graves.

03 décembre 2008

Les césariennes et naissances prématurées en hausse au Canada

Photo: Agence Reuters

J'ai accouché de mon premier enfant à 40 ans.

Le Devoir rapporte qu'une étude explique la hausse des césariennes et des naissances prématurées au Canada ainsi:
«Cela pourrait s'expliquer par l'âge plus avancé des femmes qui accouchent et par le fait que c'est pour donner naissance à un premier enfant, une situation qui est plus susceptible de nécessiter une césarienne.»

Mon inquiétude est que lors d'une pandémie, les soins obstétriques soient considérablement compromis si jamais le système de santé ne parvenait pas à tenir le coup sous le fardeau de la crise. Comment feront alors les femmes pour accoucher?

Je serais certainement morte si je n'avais pas eu de césarienne, et mon enfant également.


Il n'y a présentement pas de mesures spéciales prévues - à ma connaissance - pour les femmes enceintes et leurs futurs enfants dans les plans québécois et canadiens.


Les femmes ne cesseront pas d'accoucher pendant une pandémie... Cela me fait penser à un article publié hier sur Facebook par mon ami Michel S.f. Vermeulen, un médecin belge, à propos du manque de soins appropriés aux patients de la pandémie de VIH/Sida en Afrique: «Une solution consiste pratiquement à «euthanasier» toute la population pauvre malade qui ne peut pas payer les soins de santé. Solution qui ne résout rien sauf si on devient cynique comme Lénine en disant que le problème c’est l’homme, parce que, dès qu’il meurt, les problèmes s’arrêtent aussi.» Je vous recommande la lecture de ce texte, qui fait dresser les cheveux sur la tête: Afrique: Pourquoi éviter l’économisme dans la problématique du VIH-SIDA en Afrique subsaharienne?

J'ai répondu hier à Michel: «La lutte contre le sida porte les stigmates du déni. Ce qui me fait faire un parallèle avec une pandémie d'influenza. Ce qui a présentement lieu pour la pandémie de VIH/sida pourrait-t-il se produire à plus grande échelle pour une pandémie d'influenza???»

Pendant une pandémie d'influenza, les femmes enceintes canadiennes et québécoises auront probablement les moyens de se faire soigner. Le problème sera ailleurs. Les femmes auront-elles accès à un système capable d'absorber les nombreuses tâches de soins associés à la naissance? Ce n'est pas en niant la possibilité que ces problèmes émergent lors d'une pandémie que nous allons trouver les solutions. Si les femmes enceintes et leurs foetus meurent en grand nombre pendant une pandémie en raison d'un probable effondrement du système de soins de santé, et si les adultes actifs et si les enfants dont le virus est si friant, meurent aussi en grand nombre, emportés par le virus pandémique, quel genre de société aurons-nous pour la reconstruction, pour l'après-pandémie? Quel avenir nous réserverons-nous?

Le nombre de césariennes et de bébés prématurés en hausse au Canada
Mercredi, 3 décembre 2008 | Par Lisa-Marie Gervais | Le Devoir


À quelques exceptions près, mamans et bébés se portent plutôt bien. Publié hier, le nouveau rapport sur la santé périnatale du Système canadien de surveillance périnatale de Santé Canada a révélé les tendances et les différences observées entre les provinces et territoires pour 29 indicateurs concernant la maternité et les nouveau-nés sur dix ans (1995-2005).

Conclusions? Moins de mortalités maternelle et infantile, mais plus de césariennes et de naissances prématurées au Canada.
Ainsi, selon les statistiques utilisées par l'Agence canadienne de santé publique -- basées notamment sur les données de l'état civil, celles des hôpitaux et de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de Statistique Canada --, le quart des naissances survenues à l'hôpital en 2004-05 ont nécessié une césarienne, contre 17% dix ans plus tôt. En revanche, à 22 %, le taux de césariennes chez les Québécoises est légèrement moins élevé.

Selon Catherine McCourt, médecin analyste à l'Agence, l'augmentation du nombre de césariennes au Canada pourrait s'expliquer par l'âge plus avancé des femmes qui accouchent et par le fait que c'est pour donner naissance à un premier enfant, une situation qui est plus susceptible de nécessiter une césarienne. «L'obésité est aussi un important facteur, même s'il n'est pas nécessairement reflété dans les données que nous avons», a-t-elle souligné.
Les changements apportés aux pratiques médicales pourraient également être à la source de cette augmentation, notamment l'utilisation accrue de la surveillance électronique du foetus et le recours à la césarienne pour les présentations par le siège. «Il y a aussi le fait que certaines femmes vont demander elles-mêmes la césarienne.

C'est une tendance, mais qu'il est impossible de quantifier dans cette enquête», a pour sa part précisé Juan Andrés León, également médecin à l'Agence canadienne de santé publique.

(Lire la suite)

02 décembre 2008

Plus de femmes dans les métiers de la santé au Canada

Photo Brand X Picture. Source.

Il paraît qu'il y a désormais davantage de femmes dans les professions du milieu de la santé au Canada. Nous le savons, les femmes ne pensent pas de la même manière que les hommes, et j'ose espérer que leur manière de pratiquer leur métier diffère également.
Ceci provient du Devoir.
Le secteur de la santé se féminise
2 décembre 2008 | Par Marie-Lise Gervais | Le Devoir


Le nombre de Canadiens exerçant l'une des sept grandes professions de la santé augmente tandis que le secteur se féminise de plus en plus. C'est ce qui ressort d'un ensemble de cinq rapports de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) sur les grandes tendances des professionnels de la santé tels que les médecins, ergothérapeutes, physiothérapeutes, pharmaciens et les infirmières, les infirmières auxiliaires et psychiatriques autorisées. Ainsi, selon les données de l'ICIS, bien que les hommes médecins soient toujours en majorité (66,2%), le nombre de femmes exerçant la profession augmente. Par exemple en 2007, elles représentaient 56% des médecins de famille canadiens de moins de 40 ans, une hausse de 6% par rapport à 2003.

Du côté des pharmaciens, les femmes sont en moyenne nettement plus nombreuses (58 %) à pratiquer ce métier qui était traditionnellement masculin. De même, 64% des pharmaciens de moins de 40 ans sont des femmes contre seulement 27% chez les pharmaciens de 60 ans et plus, un calcul excluant par contre le Québec, le Manitoba et le Nunavut, qui n'ont pas pu rendre disponibles leurs données pour cette enquête.

Les données de 2007 font également état d'une augmentation du nombre absolu de Canadiens exerçant l'une des sept grandes professions. Le nombre d'infirmières auxiliaires a crû de 10% depuis 2003 et celui des médecins, est porté à 63 682, un accroissement de 7,1%. «Mais ça ne veut pas dire que c'est suffisant. Tout dépend de l'organisation des soins et du niveau de prise en charge de la population. Le nombre de professionnels n'est qu'un facteur de l'amélioration des soins», a soutenu Claude Lemay, un ancien infirmier devenu porte-parole pour l'ICIS. Pour sa part, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Lina Bonamie, souligne que cette augmentation pour 2007, ne correspond plus à la réalité de 2008-09. Elle dit s'inquiéter davantage du taux d'abandon des jeunes infirmières entre 30 et 39 ans, qui ne cessent d'augmenter. «Si on ne retient pas la jeunesse et que les baby-boomers s'en vont a la retraite, on va avoir un problème», a-t-elle affirmé.

Une nouvelle façon de faire de la politique

Photo: Agence Reuters.
Source Le Devoir, La coalition fonce vers le pouvoir

Les chefs Jack Layton, du NPD, Stéphane Dion, du Parti libéral, et Gilles Duceppe, du Bloc québécois, ont scellé hier à Ottawa un pacte visant à créer un gouvernement de coalition.

Retournement majeur à Ottawa, dans ce qui est désigné comme une «crise politique» par les médias. Une coalition constituée de plusieurs partis, qui gouverneront ensemble, n'a encore jamais été vue au Canada.

Bernard Descôteaux dans Le Devoir indique: «Les trois partis qui s'associent mettent de côté des divergences pour s'entendre sur des priorités qui font consensus.»

Lors de la campagne électorale fédérale, qui s'est déroulée il y a à peine deux mois, je me disais que Stephen Harper avait le beau jeu, puisqu'il profitait à merveille du vieux dicton
«Divisez pour mieux régner».

Je retiens
mon souffle (comme tant d'autres) en attendant que défilent les événements. Ce que la gouverneure générale Michaëlle Jean répondra sera déterminant.

Un vent de renouveau pourrait peut-être finalement éventuellement souffler sur le Canada (et pas uniquement chez nos voisins du sud).

Cela pourrait-il avoir une quelconque incidence sur les urnes du 8 décembre prochain?

Alors que j'avais complètement cessé d'espérer que les problématiques et dossiers qui me préoccupent soient gérés, il se pointe une lueur au bout du tunnel. La tendance à la «société du silence» me faisait craindre le pire.

Margaret Atwood. Photo source.

Ces six dernières semaines, les paroles de Margaret Atwood me hantaient: «Si vous donnez aux «neocons» de Harper un gouvernement majoritaire, vous perdrez beaucoup de choses qui vous tiennent à coeur, vous ne gagnerez rien qui en vaille la peine et vous ne pourrez jamais, jamais vous le pardonner.»

La grande dame de l'art contemporain, Betty Goodwin, s'est éteinte

Betty Goodwin. Photo source

Lors de mes années consacrées à la pratique de l'art contemporain, j'admirais follement Betty Goodwin. Je suis souvent aller regarder longuement ses oeuvres au Musée d'art contemporain de Montréal.

Elle sera beaucoup regrettée. Elle laisse derrière elle une oeuvre monumentale, que beaucoup chériront.

Ce sont ses grands dessins sur des papiers transparents (qui ressemblent aux papiers utilisés par les architectes
- le vellum) et ses personnages translucides, qui m'ont impressionnée. J'adorais sa façon de dessiner, à moitié abstraite, les traits de fusain frottés sur le papier, mélangés à des couleurs de terre, presque rouillées, et la taille gigantesque de certaines de ses oeuvres.

«C'était une femme fragile, mais dont l'oeuvre a une telle force... Pour moi, au Québec, et même au Canada, elle n'a pas d'égal», a indiqué au Devoir Lise Bissonnette, la directrice de Bibliothèque et Archives nationales du Québec .


«La charge émotive» chez Goodwin explique son succès, selon René Blouin (son galeriste depuis de nombreuses années), autant auprès des grandes institutions que du public. «C'est une charge émotive, très oblique, soutient le galeriste. Dans Les Nageurs, on ne sait jamais si ce sont effectivement des nageurs ou des noyés. Elle était douée pour arriver à ce niveau d'abstraction, entre le formel et le narratif.»

Biennale de Montréal. Photo source.

01 décembre 2008

Que murmure Pauline Marois au Père Noël?

© LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Sur cette photographie, publiée le 29 novembre 2008 sur Canoë Infos, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, confie un secret au Père Noël, au Saguenay.

Merci au député Daniel Turp d'avoir publié cette photo sur Facebook.

Je me demande bien ce qu'elle a pu lui raconter... mais nous avons tous une petite idée sur les voeux de Mme Marois. Puisse le Père Noël exister et lui accorder ses désirs...

Moi aussi, j'en avais long à raconter au Père Noël (voir Voilà ce que je souhaiterais entendre parler pendant la campagne électorale). Et vous?

30 novembre 2008

Pas de nouvelle, bonnes nouvelles?

Poulets d'un élevage. Photo Patrick Bernard | Agence France-Presse

Depuis le 27 novembre dernier (lorsque le Dr Henry Niman de Recombinomics) nous a informés que l'Organisation mondiale de la santé avait déployé une équipe à Makassar, en Indonésie, pour surveiller la situation, nous sommes sans nouvelle du groupe de cas composé alors de 19 patients suspectés d'avoir contracté le H5N1.
Quand l'OMS se déplace pour enquêter, c'est qu'il y a potentiellement anguille sous roche... Voir L'OMS surveille le H5N1 à Makassar en Indonésie.

Étant donné que nous nageons dans le nébuleux, je me dis qu'il est arrivé que des équipes de cette agence se déplacent sur le terrain par le passé, et il ne s'est rien produit de fâcheux. Peut-être ces gens ont-ils des doigts de fée?

Entre temps, il y au la fête de l'Action de grâce célébrée aux États-Unis.

Et bien entendu, les nouvelles ont tendance à être moins nombreuses au cours du week-end.

À la veille du Sommet sur le partage des souches, qui débutera dans quelques jours à Genève (organisé par l'OMS), cette apparente "collaboration" entre l'agence et cette nation conduira peut-être à une heureuse résolution.

Davantage de transparence serait bien accueillie, bien entendu. En autant que le virus soit contenu, c'est l'essentiel. Pour le
reste, je ne suis pas certaine que les choses changent tellement. Mais on ne sait jamais. Par exemple, je pleurais sur la politique canadienne depuis les élections tenues il y a 6 semaines, et on dirait qu'il se pointe beaucoup de changements à l'horizon. Un revirement inattendu pourrait avoir lieu d'ici quelques jours. Une mouche pourrait-elle aussi piquer les agences internationales à un moment donné? Seul l'avenir le dira!

26 novembre 2008

Lendemain de veille: c'est "désespérant"

J'ai essayé d'écouter tant bien que mal le débat des chef télévisé hier soir, à travers les cris d'un enfant qui s'arrange toujours pour tenter d'attirer l'attention lorsque je m'installe devant le téléviseur. Vous devinerez que je n'écoute donc pas très souvent le petit écran.

"Les Québécois ont dû pleurer de désespoir pendant les dernières 30 minutes: chaque chef a ressorti son vieux disque constitutionnel des années 1970, alors que de toutes parts on sonne l'alarme sur la crise économique imminente. C'est désespérant", indique ce matin J. Jacques Samson dans le Journal de Québec.

"C'est désespérant": c'est exactement ainsi que je perçois la situation des préparatifs pandémiques au Québec! Avec des leaders de la sorte, nous ne sommes pas sortis du bois. Si c'est vrai pour la crise économique imminente, je ne vois pas pourquoi cela ne s'appliquerait pas aussi aux préparatifs de pandémie... Il ne surgira pas soudainement d'autres leaders que ceux qui sont là présentement. S'ils ne réussissent pas à identifier des pistes possibles de solution pour la situation économique, seront-ils en mesure de le faire face à la menace de pandémie?

Ma seule consolation (si on peut appeler cela ainsi), est une phrase prononcée par Pauline Marois, dans le contexte de Caisse de dépôt et de placement. Je trouve toutefois que cela s'applique parfaitement bien au dossier de pandémie:


Photo source

«On vit une situation exceptionnelle,
il faut qu'il y ait des informations
qui soient données aux Québécois»

Pauline MAROIS
Chef du Parti Québécois
Gouvernement du Québec

Source: Marois déplore le silence de Charest sur la Caisse, par Alexandre Robillard, La Presse canadienne, 26 novembre 2008

21 novembre 2008

Le succès des stratégies de mouvements sociaux de Marshall Ganz de la campagne de Barack Obama


Marshall Ganz. Photo source

Marshall Ganz, est conférencier sur les politiques publiques à la Harvard Kennedy School. Il écrit à propos du leadership, de l’organisation et des stratégies de mouvements sociaux, d’associations civiles et politiques. Dernièrement, il a conçu les systèmes de formation d’organisateurs et de bénévoles sur le terrain, qui ont eu pour effet de transformer les bénévoles impliqués dans la campagne électorale de Barack Obama en véritables leaders organisationnels.

Voici un extrait d’une interview de Marshal Ganz à On the Media, où il mentionne qu’il faut laisser les gens dire leur propre récit, leur permettre de dire pourquoi elles aiment (tel politicien, telle cause), au lieu de les obliger à chanter la même chanson officielle imposée par un parti, un gouvernement, ou une corporation:
«Ce que nous les avons aidés à comprendre est que la première chose qu'elles doivent apprendre est comment articuler leur propre histoire, en d'autres termes, ce qui les a motivées à se déplacer pour s’impliquer et s’engager, parce que c’est grâce à leur propre histoire qu'elles vont pouvoir engager le plus effectivement d'autres personnes. Alors lorsque les personnes s’en vont [sur le terrain], elles sont outillées pour le faire. Cela est en quelque sorte la pièce maîtresse [de la stratégie].

Et dans la série initiale que nous avons fait en Californie, nous avons formé 200 équipes dans un intervalle de deux week-ends, avec le soutien de quatre employés. Nous avons érigé une opération massive, au point où il pourrait s’effectuer jusqu’à 100,000 appels téléphoniques par jour. Cela ressemble à un investissement dans des capitaux «civils» et dans des communautés locales, qu’aucune campagne politique n’a déployé depuis des années.

La droite a tiré bénéfice de l’enracinement dans les mouvements sociaux. C’est ce que les mouvements sociaux font. Ils traduisent les valeurs en actions; ils poussent les gens à travailler ensemble.

Tout le monde s’est mis à faire du marketing de leur cause, de leurs candidats, comme s’il s’agissait d’une autre marque de barre de savon, transformant les gens, de citoyens en consommateurs.

Ce que nous avons fait est que nous avons ramené la citoyenneté et que nous avons redonné du pouvoir aux gens, en plaçant les outils dans leurs mains.»
Empowerment. C’est le mot qui me vient à l’esprit.

Si on applique ces stratégies gagnantes à des préparatifs pandémiques multisectoriels (sociaux, économiques et politiques), il faudrait d'abord que les gouvernements fassent davantage confiance aux gens, et qu’ils cessent de tout vouloir contrôler.

Contrôler l’information, contrôler la manière dont doit être diffusé le message, contrôler la manière dont doit s’articuler les politiques de mesures d’urgence, contrôler des projets. Il faudrait que les autorités cessent de tout vouloir contrôler, si nous voulons avoir une chance de traverser une pandémie en limitant les dégâts. Un jour où l’autre, les États vont devoir accepter de collaborer avec la population, et de confier des responsabilités et des projets à des communautés.

On dirait qu'on est rendus là dans les préparatifs pandémiques mondiaux. David Nabarro de l'ONU, et la Banque mondiale, avec le 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire, recommandent maintenant d'ajouter plusieurs nouveaux éléments, dont un volet SOCIAL à la préparation en vue d'une pandémie. Nous ne savons pas trop exactement ce que SOCIAL signifie aux yeux des agences onusiennes. Il est probable qu'en 2009, les recommandations seront mieux définies et que des outils seront proposés aux États membres.

L’exemple du succès des stratégies déployées par Marshall Ganz pourrait être retenu. Ces systèmes gagnants pourraient sans doute s’appliquer aux préparatifs pandémiques multisectoriels.

20 novembre 2008

Des exercices de simulation de pandémie risquent de soulever de nombreuses problématiques


Jamie Grill, Tetra image, libre de droits, #82137051

Jusqu’à présent, la majorité des nations du monde se sont contentées de rédiger des plans de lutte à une pandémie, sans pousser trop en avant la réflexion. Le 4e Rapport intérimaire mondial sur la gestion de la grippe aviaire (voir Synopsis en français), piloté par David Nabarro, coordonnateur du système des Nations unies pour la grippe, a indiqué que seulement 35% des nations avaient amorcé des simulations pour mettre à l’épreuve leur planification.

David Nabaro a déclaré le 13 novembre dernier, lors d’une conférence prononcée au Centre for Strategic and International Studies, qu’il évaluait l’état de préparation mondial de pandémie à 40% de l’objectif global. Il a précisé qu’il est en mesure de défendre cette estimation, qui s’appuie sur les travaux réalisés dans le cadre 4e Rapport intérimaire mondial. Je vous invite à consulter mon billet à ce sujet.

Nous pouvons entrevoir que la prochaine étape de préparation en vue d’une pandémie sera donc de multiplier les tests et exercices de simulation, et de dégager des conclusions de ces activités. Le plus grand défi sera ensuite d’intégrer les apprentissages dans la planification, de réécrire et modifier les plans de lutte. C’est une chose d’identifier des problématiques, mais c’en est une autre de trouver des solutions…

Je remercie Anne d’avoir publié des notes dans Facebook à propos de deux études récentes en lien avec des exercices de simulations de pandémie. Ces études ont révélé des problématiques concernant les équipements de protection personnelle (PPE) et des guides de contrôle de l’infection.

Dans la pratique, il s’avère difficile d’intégrer ces éléments aux diverses tâches quotidiennes des professionnels de soins de santé. Les conclusions de ses deux études semblent défier certaines des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, et remettent même en question la manière dont les soins et services sont actuellement délivrés.

Ces études mettent le doigt sur quelque chose d’assez inquiétant. Comment s’articuleront les pistes de solutions? J’ai bien hâte de voir la suite, et j’espère que nous (humanité) réussirons à solutionner ces problématiques.

Personal protective equipment in an influenza pandemic: a UK simulation exercise
[Équipement de protection personnelle dans une pandémie d’influenza: un exercice de simulation au Royaume-Uni]

N.F. Phina, A.J. Rylandsb, J. Allanb, C. Edwardsb, J.E. Enstonec and J.S. Nguyen-Van-Tamd

Sommaire

[TRADUCTION] L’expérience demeure limitée quant aux impacts financiers et opérationnels que l’adoption d’un guide de contrôle de l’infection de l’influenza pandémie au Royaume-Uni aura sur l’utilisation d’équipement de protection personnelle (PPE), les patients et le personnel. Nous avons tenté de cerner ces questions lors d’un exercice réel survenu dans un hôpital du nord-est de l’Angleterre.

Lors de cette simulation de 24 heures, tout le personnel d’une unité de soins généraux graves a porté des PPE et a adopté les procédures décrites dans le guide de contrôle de l’infection d’influenza pandémique du Royaume-Uni. Des équipes d’infirmière de contrôle de l’infection ont observé et noté le comportement du personnel et leurs pratiques pendant la simulation, incluant l’attitude du personnel à propos de l’utilisation des PPE.

Quoique les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé sur la probable utilisation de PPE de haut calibre (masques FFP3) se sont avérées excessives, davantage de gants et de masques chirurgicaux que prévus ont été utilisés. En dépit de formation pré-simulation, plusieurs employés manquaient de confiance dans l’utilisation des PPE et concernant la marche à suivre des mesures de contrôle de l’infection. Ils ont découvert que les PPE étaient inconfortables, et que même les tâches les plus élémentaires prenaient plus de temps à être effectuées.

De grandes quantités de rebus cliniques ont été générées: 12 sacs additionnels (soit 570 litres) de plus par jour.

Les estimations d’utilisation de PPE réalisées lors de cette simulation défient les évaluations que de grandes quantités de PPE de haut niveau sont requises, avec de considérables implications des budgets de soins de santé. Un programme d’éducation continue de contrôle de l’infection est nécessaire.

Les soins de santé, en situation de pandémie, ne consistent pas simplement à appliquer un guide de contrôle de l’infection de l’influenza pandémique à la pratique courante; les hôpitaux auraient besoin de considérer changer la manière dont les soins et les services sont délivrés.
La seconde étude pointée par Anne dans Facebook est celle-ci (mais je n’ai pas traduit le texte, que je vous invite à consulter en anglais):
Respirator-Fit Testing: Does It Ensure the Protection of Healthcare Workers Against Respirable Particles Carrying Pathogens?

Les conclusions de ces études démontrent qu'il est nécessaire de tester les plans d'urgence, qui pourraient ne pas tenir la route si les États ne trouvent pas le moyen de les ajuster et d'y intégrer les apprentissages résultant des exercices de simulation (ce que David Nabarro ne cesse de répéter, d'ailleurs).

Je me demande ce que la dernière phrase de l'étude britannique signifie exactement, et quelles en sont les implications: «Les hôpitaux auraient besoin de considérer changer la manière dont les soins et les services sont délivrés».

Quant au grand nombre de déchets produits, ce genre d'information est intéressant. Il pourrait y avoir des interruptions de services de gestion des déchets en temps de pandémie. En fait, cette étude est des plus intéressantes, et j'espère que d'autres planificateurs (en dehors de ceux du Royaume-Uni), en prendront connaissance. Y compris des gens du Canada et Québec!

Repenser totalement la manière dont les soins sont délivrés... Je n'arrive toujours pas à visualiser cela dans ma tête... Je retiens que la manière actuelle est trop compliquée. A priori, gérer un virus mortel ultra contagieux ne sera pas simple. Revoir de A à Z nos systèmes modernes de santé n'est pas une mince tâche!

Autre question: Si des simulations indiquent que le type de planification proposé par l'OMS comporte des failles, combien d'années cela prendra-t-il avant que cette réalité ne soit intégrée dans les directives globales?


Si les gens oublient ce qu'ils apprennent en formation au bout de 6 mois, cela n'est pas de bon augure. Je croyais les médecins et infirmières particulièrement bons avec leur mémoire (ces gens ne doivent-ils pas retenir des milliers de données?) Au Québec, les infirmières ont demandé au ministre de la Santé de mettre sur pied une formation particulière pour les infirmières en soins de maladies infectieuses: ce programme collégial a été refusé... (voir
L'Ordre revient à la charge - Les infirmières veulent développer une spécialité en infectiologie - Le Devoir, 4 novembre 2008).

En réfléchissant à cette histoire d'oubli des formations qui concernent une pandémie, j'ai pensé que mon cerveau (je parle pour le mien évidemment!) a une fâcheuse tendance à oublier ce qui n'est ni nécessaire ni important.

Peut-être que les personnes formées ne considèrent pas l'information relative à une pandémie suffisamment importante pour s'en rappeler? Je me demande si l'attitude des autorités gouvernementales joue sur ce tableau. Par exemple, quand on ne CROIT PAS qu'une chose puisse nous arriver, pourquoi faudrait-il se RAPPELER de protocoles nouveaux et compliqués? Si des professionnels de la santé ne pensent pas que ces formations leur seront utiles, alors je peux comprendre pourquoi leur mémoire leur joue des tours.

Nabarro: Les préparatifs pandémiques mondiaux accomplis sont si admirables qu’ils valent la peine d’être cités en exemple


David Nabarro. Source Getty Images, Daylife

Le mois de novembre s’achèvera dans quelques jours, et en décembre, la ville de Genève sera de nouveau le théâtre du Sommet mondial sur partage des souches du virus de l’influenza aviaire.

L’an dernier, à pareille époque, les nations ne sont pas parvenues à un accord à ce sujet. Reuters a rapporté:
«Les autorités de la santé n’ont pas réussi à conclure un accord de nouveau système pour assurer les pays en voie de développement de partager les virus de grippe aviaire employés pour développer des vaccins, a déclaré vendredi l’Organisation mondiale de la santé. «Personne n’est à blâme de ne pas avoir essayé... Nous étions si près, mais pourtant si loin», a déclaré la directrice générale de l’OMS Margaret Chan, lors de la session finale de quatre jours.»
L’Indonésie a demandé que les découvertes bénéficiant à l'ensemble des êtres humains ne puissent être brevetées. «L'Indonésie considère que, si les bénéfices tirés des échantillons [de virus] ne sont pas mis en commun, le dispositif actuel de partage des virus de la grippe n'est pas juste vis-à-vis des pays en voie de développement».

Les États-Unis ont demandé à tous les pays de partager leurs échantillons de virus de grippe aviaire «sans condition préalable».

Quant à la flamboyante ministre indonésienne de la Santé, Siti Fadilah Supari, elle ne s'est pas gênée pour faire la pluie et le beau temps au cours de la dernière année. [Vous pouvez consulter son dossier à cette adresse.]

Le monde entier retient son souffle, alors que les États membres se préparent à participer au sommet de Genève. Les nations réussiront-elles à s’entendre cette fois-ci? Combien d’échecs devront-nous essuyer avant qu’un accord acceptable pour toutes les parties soit rédigé et entériné?

Le 13 novembre dernier, le premier leader des préparatifs pandémiques a été invité à prendre la parole au Centre for Strategic and International Studies. À propos de l’impasse diplomatique concernant le partage des souches, il a tout d’abord annoncé qu’il y avait eu du «progrès» dans ce dossier, mais il a laissé le soin à l’ambassadeur John Lange de fournir des détails à ce sujet.

Mais John Lange n’a rien déclaré de bien substantiel, à part répéter la position des États-Unis, et faire une brève allusion à une résolution, qui stipulerait de «poursuivre le partage des souches, tout en offrant un éventail de bénéfices.» L’ambassadeur a indiqué que les résultats de cette proposition sont attendus en décembre. Toutefois, il n’a pu s’empêcher d'ajouter: «C’est frustrant. La souveraineté virale n’est pas appropriée pour le partage des virus. Nous sommes confiants que nous serons en mesure de faire adopter une résolution en décembre prochain

À la toute fin de la conférence, alors que le temps tirait à sa fin, et qu’il était prié par son hôte du CSIS de conclure, David Nabarro a déclaré, de manière posée, en pesant bien chaque mot:
«Nous ne disposons pas [aux Nations unies] d’instruments simples pour indiquer aux États comment révéler de l’information. Nous nous appuyons sur des positions volontaires. Les pouvoirs disponibles à l’OMS sont toutefois remarquablement puissants. Nous avons besoin de persuader grâce au dialogue. Mais cela est davantage le mandat de la Dre Margaret Chan, et je ne m’étendrai pas davantage à ce sujet.

Il n’existe pas actuellement de système de gouvernance mondial, alors c’est par la volonté commune qu’il y a engagement mutuel. Nous progressons. Et les préparatifs pandémiques mondiaux accomplis sont si admirables valent la peine d’être cités en exemple, pour la gestion de défis semblables. Ce succès repose sur un leadership fort.»
La recette de ce succès de coopération mondiale pourrait-elle être appliquée à d'autres problématiques internationales?

Répondant à une question portant sur les communications, David Nabarro a indiqué:
«Aucun travail de préparatifs pandémiques ne peut avoir du succès sans la pleine implication des communautés. Si les gens ne deviennent pas des partenaires, les États vont échouer. S'il y a absence de collaboration, s'installera alors la méfiance. Celui qui reçoit l'information officiel [le citoyen] ne vaut pas moins que son expéditeur [l’État].»
Ces sages paroles de Nabarro m'ont impressionnée. Peut-être est-ce très courant dans le langage diplomatique de parler ainsi... Toutefois, je ne peux m'empêcher de remarquer une notable progression dans les déclarations du premier leader en matière de préparatifs pandémiques. Depuis octobre dernier, il s'est fait plus présent dans l'actualité. À peine deux semaines après la tenue de la 6e Conférence ministérielle qui s'est tenue en Égypte, il a présenté son plan d'action au CSIS.

Celles et ceux qui sont préoccupés par l'avènement d'une pandémie d'influenza n'ont guère d'espoirs auxquels s'accrocher. Il faudra attendre avec patience le déroulement des événements pour observer l'impact qu'aura le discours de David Nabarro sur le développement des préparatifs pandémiques mondiaux.

J'ose espérer qu'en 2009, avec la nouvelle ronde de préparatifs multisectoriels que l'ONU et la Banque mondiale souhaiteraient voir se déployer, les choses iront mieux pour nous, les «gens du Flublogia», ainsi que pour les communautés et membres de la société civile qui s’intéressent aux préparatifs pandémiques, et qui souhaiteraient y mettre la main à la pâte.

J'ose également espérer que la
«pleine implication des communautés» dont parle David Nabarro se réalisera, y compris au Canada et au Québec.

VOIR AUSSI MES AUTRES BILLETS
> David Nabarro évalue l'état de préparation mondial de pandémie à 40% de l'objectif global

> Nabarro: Le contrôle du H5N1 endémique nécessite d'adopter une approche élargie du système alimentaire
 
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